LA HUITIEME VIBRATION [2010], trad. de l'italien par Serge Quadruppani
, 380 pages, Bibliothèque italienne, Editions Métaiilié. ISBN 978-2-86424-719-7 .
21,00 €
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Janvier 1896. Un corps expéditionnaire débarque
dans la colonie italienne d’Erythrée. Il
est composé de recrues de toute la péninsule,
avec leurs histoires, leurs accents, leurs
espoirs et leurs mille dialectes: l’anarchiste
décidé à porter la sédition, le rêveur d’Afrique
qui en mourra, le Major drogué et psychotique,
le héros pressé d’affronter le désert, les
caporaux cyniques et aussi le brigadier de
carabiniers qui s’est engagé pour débusquer
parmi les officiers un assassin d’enfants.
Sur place, ils vont trouver une population
indigène aux langues et aux coutumes bariolées,
et des colons entre abrutissement alcoolisé
et idéologie du progrès, une Africaine mi-sorcière
mi-putain, et une Italienne à la beauté délicate
et non moins malfaisante. Entre mille fils
narratifs, on verra comment une paire de
jumelles entraîne une collision entre les
petits trafics des commerçants et les menées
des espions du Négus, et l’on suivra le destin
singulier d’un berger des Abruzzes au parler
si obscur que personne ne le comprend : on
l’oublie si souvent qu’il finira comme un
des rares rescapés de la catastrophe finale,
à cultiver son jardin sur les hauts plateaux...
Car, tandis qu’une petite fille
danse interminablement
dans la poussière, toutes les
trames, les
amours pures ou perverses, les
projets grandioses
et les appétits grossiers convergent
vers
la terrible bataille d’Adoua,
la première
grande défaite d’une armée blanche
devant
des troupes africaines...
Carlo Lucarelli, l’un des plus
grands auteurs
de roman noir italien, livre
ici une fresque
captivante d’un monde en décomposition
qui
annonce le nôtre.
A la fois roman policier, récit
de voyage,
roman d’aventure et d’amour,
La Huitième
Vibration est surtout un grand
roman, tout
court.
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